Les débuts d'une histoire

Interview Sophie Le Fur / Ceux qui vont sur la mer par Serendipity en mars 2013, le début d'une histoire.

Les cirés bretons version crochet

Serendipity : Comment avez-vous découvert Serendipity ?
Sophie Le Fur de Ceux qui vont sur la mer (lancé sous le nom Taton) : Par une amie qui tient une boutique de déco design sur Brest et qui a très vite pensé que j’étais dans l’esprit Serendipity.

Quel est votre parcours ?
C’est assez complexe en apparence, mais c’est ça qui m’a réalisée comme je suis. J’ai d’abord fait des études de philosophie, puis de l’ethnologie maritime, ce qui m’a amenée à travailler sur les pratiques de nos marins bretons, et enfin, j’ai repris des études pour devenir paysagiste, ce que je fais aujourd’hui aussi !

Comment vous est venue l’idée d’exploiter les chutes de cirés pour créer ces tapis crochetés ?
En fait, je travaillais déjà avec des cordages de marine pour faire des tapis, mais j’avais vraiment envie, par conviction, d’aller vers le recyclage de matériaux,
et c’est tout naturellement, très vite que j’ai pensé aux cirés de Cotten à Concarneau.
Enfin, depuis mes arrières-grands mères, j’ai toujours vu les femmes crocheter ou tricoter dans ma famille, et des choses très complexes parfois !

Quel rapport entretenez-vous avec les matériaux ? Leur mise en forme, leur exploitation dans vos créations ?
Ce que j’adore déjà, c’est d’aller chercher les chutes à l’usine Cotten de Concarneau, un matériau qui est identifié breton, familial aussi pour moi qui suis bretonne, je me revois avec mon ciré rouge et ma soeur en jaune ! Ce sont de beaux cirés et je suis assez fière de les avoir portés si jeunes et de travailler avec aujourd’hui.
Sinon, je stocke beaucoup, j’ai besoin que les matériaux soient à mon contact. Comme ça je fouine dans mon propre atelier ; ça muri dans ma tête, dans mes cahiers de notes ou de gribouillis ! J’ai toujours stocké des textiles, de la laine, du cuir parce que depuis que je suis toute petite, je fabrique, je recycle des objets, des personnages, des vêtements…. D’ailleurs, il va me falloir un plus grand atelier !

 

Comment définiriez-vous le style de votre travail ?

Ce qui m’intéresse, c’est de faire des choses qui soient pérennes, indémodables, même si le crochet semble d’actualité. Ce qui n’empêche pas de recycler, voire c’est encore mieux : du pérenne avec du recyclé. Je dirais que je fais du « design écologique ».

Quel est votre rapport à l’enfance ?
C’est de l’enfance que me vient cet amour des belles matières : de la famille de ma mère surtout où toutes les femmes aimaient coudre, tricoter. Je me rappelle les moments où nous allions avec ma mère ou ma grand-mère chercher de la laine pour me faire un pull, choisir la laine, choisir le modèle… j’en garde une impression de suspension et des souvenirs d’yeux qui pétillent !

Quelles sont vos sources d’inspiration, ce qui vous touche et fait avancer vos créations ?
D’abord la tradition au sens positif du terme, qui n’est pas un retour en arrière, la tradition c’est ce qui se transmet, se traduit, qui nous donne du corps, dans la peinture, la littérature par exemple ; donc elle est forcément en lien avec le contemporain, sinon elle reste du passé et c’est tout. Dans la mode, le design, il y a des styles, des signatures de grands stylistes ou designers qui traversent les époques, les modes ! Voilà ce qui me touche !
L’extérieur, les jardins sont aussi pour moi des lieux de réflexion et de regard. Mes enfants aussi, leurs besoins, leurs désirs…. bref, beaucoup de choses….

Quels sont vos futurs projets ?
J’ai commencé à travailler depuis plusieurs mois sur des objets/jouets/jeux, mais c’est encore secret !
Et puis, je veux créer des luminaires pour l’extérieur, le ciré c’est quand même fait d’abord pour supporter un peu la pluie !

Via Le Blog de Serendipity.